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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 03:46

L'informatique a réellement révolutionné notre société et notre façon de travailler, de s'informer, voire de penser. L'ordinateur est en effet un outil polyvalent, connecté, évolutif et fiable. Enfin, presque... Les petites erreurs font parfois les grands problèmes. C'est le point de départ de films comme Brazil et Dr Folamour : quand on se repose sur un outil supposé totalement fiable : comment réagir face à sa défaillance?

 

Laissez-moi vous parler de Dylan. Cet homme a une utilisation régulière de l'ordinateur et d'internet. Du premier découle la numérisation, petit à petit, de son travail et de ses données. Car, en effet, les données semblent plus sûres que les objets concrets. Prenez vos fiches de paie : un incendie, une fuite d'eau, et les voilà inutilisables. Scannez-les, et vous aurez une copie quasiment inaltérable, pratique à ranger, et duplicable à l'infini pour plus de sécurité. Vous pouvez faire de même avec des documents importants relatifs avec votre activité professionnelle. Voire même, petit à petit, vous passer de l'étape physique pour tout dématérialiser.

 

Mais revenons-en à Dylan. En bon utilisateur d'internet, il connait les solutions de stockage en ligne et maîtrise le  cloud. L'idée est alléchante : si vos données sont sur un serveur sécurisé plutôt que sur votre disque dur, elles seront plus en sécurité car moins sensibles à un soucis électrique chez vous, les pertes de données dûes à des micro-coupures n'étant pas rares.

 

Dylan est aussi un adepte de Google, firme géante et tentaculaire touchant de près ou de loin à tout ce qui touche au web. Le récent achet de Motorola par le moteur de recherche est une nouvelle preuve de sa volonté d'être présente partout. En bon Google-addict, Dylan a décidé d'utiliser au mieux les services à sa disposition : ses mails passeront par Gmail, ses images seront stockées sur Picasa Web Albums (service qui devrait d'ailleurs bientôt changer de nom), ses documents divers sur Google Docs, son blog est sur Blogger, lira les infos qui l'intéressent grâce à Google Reader et Google Agenda lui permettra d'organiser ses activités efficacement. La centralisation a ça de bon qu'elle facilite la vie. Grâce à Google, un login et un mot de passe suffisent à utiliser tous ces services, depuis n'importe que PC connecté à Internet. Simple, élégant et efficace.

 

Et voilà que fin juillet, après sept ans d'utilisation des services Googlesques de manière assidue et loyale, Dylan n'arrive plus à se connecter : son compte Google a été effacé. Oui, comme ça, du jour au lendemain, sans explications et sans possibilité de retour. C'est donc en ayant appris que ses mails, son travail, ses données persnnelles ont été perdus que Dylan a écrit une lettre ouverte aux services de Google pour faire connaître sa situation, et se plaindre un peu aussi, je pense.

 

Le problème de Dylan est lié à la dématérialisation des informations, mais inderectement. En effet, le soucis qu'il a rencontré n'est pas lié à la dématérialisation. Non, le soucis est que c'est une société privée qui possède les serveurs hébergeant les données de Dylan. Une société qui peut faire faillite, qui peut décidé de changer ses conditions d'utilisation du jour au lendemain, et qui a les données de Dylan à sa disposition.

 

Mais quel est le lien avec le bug, Dr Folamour et Brazil? Et bien, c'est la conclusion de cette histoire.

 

Dylan a été contacté par l'état majr de Google qui a appuyé sur le bouton "on" aussi facilement qu'il avait appuyé sur le "off". Dylan n'a rien perdu, contrairement à ce qui lui avait été annoncé. On peut d'ailleurs se demander pourquoi Google gardait ces données, normalement supprimées. Usage professionnel pour une entreprise qui est une des plus grosses vendeuses de publicités ciblées ou simple mesure de sécurité?

 

Dylan connait aussi désormais le fin mot de l'histoire : la raison de la désacivation de son compte. Dylan est un artiste, et pour un travail passé nommé "L'évolution du sexe", il a compilé de nombreux documents ét photos montrant l'évolution de la pronographie sur plus de deux millénaires. Ces photos sont arrivées sur Picasa Web Album et ont été détecté par un algorithme de sécurité de Google comme contrevenant aux conditions d'utilisation du service de stockage et partage en ligne de photos. L'image, qui pour Dylan est borderline, était, pour le logiciel de Google, de la pornographie infantile. Pour les cas de pédophilie, Google ne communique pas la raison de la suspension du compte et reste très en retrait de l'affaire (un recours déposé par Dylan était tout de même en traitement par les services de Google). La lettre de Dylan a tout de même été suffisamment reprise pour arriver aux oreilles de pontes de Google qui ont accéléré la procédure.

 

L'histoire se finit donc bien pour Dylan.

 

Malgré la bonne volonté de Google, et la compréhension dont fait preuve Dylan dans son dernier article, cette affaire montre bien les faiblesses de la dématérialisation des données. Car, si on pense d'abord aux pirates comme danger principal, il faut bien se rendre compte que nous restons asservis aux moyens de grosses compagnies. Et que l'erreur technique est possible, mais aussi une stratégie économique malveillante. Les conditions d'utilisations de Facebook, de plate-forme de jeu dématérialisées, et autres services en ligne, peuvent changer du jour au lendemain, sans prévenir. Alors, bien évidemment, il est possible de refuser ces conditions. Mais si Yahoo, Gmail, Windows Live et consorts adoptent tous une politique qui vous déplait, comment allez-vous pouvoir avoir une boîte mail? Et si Facebook devenait tellement populaire et utilisé qu'on s'en servirait pour rechercher un emploi? Et si une de ces entrerprises faisait faillite de manière inattendue, comme Lehman Brothers?

 

Ces thèmes sont, à mon sens, très utiles pour une ambiance futuriste oppressante, voire cyberpunk. Dans notre système économique balloté par la crise financière, on peut facilement tisser un futur possible où les entreprises prendront une importante croissance, suite à l'impossibilité de certains états à assumer financièrement leur fonctionnement.

Dans cette optique, les multinationales se trouveraient face à un terrain vierge, où la legislation n'a plus les moyens d'être appliquée. Un far-west économique non régulé, où les données personnelles sont un bien intéressant pour les entreprises. Les mauvais clients pourraient être effacés temporairement de l"indispensable réseau si ils ne paient pas à temps leur redevance internet. Voire même être définitivements bannis en cas de fraude. Disparaître du réseau. Un sort pire que la mort?

 

Voilà les quelques pistes que je vous propose, inspirées par l'histoire de Dylan. Un peu d'imagination et de ciment pour lier tous les éléments suffiraient à créer un univers futuriste oppressant pour vos parties de jeu de rôle. Les univers des jeux vidéos Deus Ex et sa deuxième suite Deus Ex : Human Revolution qui sortira à la fin du mois peuvent aussi donner des pistes de réflexion intéressantes. En prenant comme base de votre histoire l'actualité économique actuelle, il est possible de créer une histoire intéressante qui pourra toucher les joueurs par surprise.

 

Envisagez les conséquences de la faillite de l'Espagne sur l'Europe et le Monde, contez l'émergence des corporations au détriment des états (s'inspirer de Shadowrun n'est pas interdit) qui mènera à leur situation en jeu. En jouant avec les peurs actuelles pesant sur l'économie, vous permettrez au joueurs d'aborder leur partie diféremment et leur offrirez, il faut l'espérer, une partie inoubliable.

Par Karibou - Publié dans : High-tech & internet - Communauté : Le coin des rôlistes
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