Mon ami c'est le cœur empli de tumultes que je me confis à toi.
Pourtant je te connais ce que je vais te révéler, te paraîtra les divagations d'un fou, même à toi après toutes ces années.
Mais je ne doute pas de ton amitié et je sais que malgré tout, tu voudras connaître l'objet de mon trouble.
Alors ne me juge pas, et laisse moi te conter mon histoire.
Un gris après midi d'octobre avec un ami proche, nous cheminions entre les étales et échoppes en quête de quelques trésors pour l'anniversaire de l'un de nos amis.
Tous les trésors que nous avions choisis de lui offrir comme présents, se dérobaient sous nos yeux: « nous ne disposons plus de ce produits, messieurs », « non, mes messieurs, l'objet ne peut être utilisé dans les conditions que vous envisagez! ».
De déboires en déceptions, nous laissâmes la malchance nous attiré dans cette échoppe si oni et pourtant parfois si fertile. L'infâme tenancier, régnait sur une horde de gnomes contrefait, brandissant des cartes comme de saintes reliques.
Alors que nous allions payer son dû à notre triste hôte, celui me lança avec un sourire énigmatique: « Monsieur, nous venons de recevoir certains colis qui pourrait vous intéresser je pense. »
Le fourbe! Il connaissait ma faiblesse pour ces ouvrages!
Je du mettre genou à terre pour examiner les ouvrages entasser, repoussant les démoniaques gnomes.
J’entrepris d'explorer cette tour d'ouvrages les prenant par paquet pour les déposer à côtés de moi, autant de petits miradors, éloignant de moi les pygmées jeteurs de carton.
Et c'est du fond de la pile qu'il me vit.
Cette couverture froide d'un bleue glaciale et ce titre sonnant comme la promesse d'une lente déchéance: DE PROFUNDIS – Lettres des abysses.
Je ne pus décrocher mon regard de l'ouvrage; pourtant je sentais que son pouvoir était encore captif, cette mince couche de plastique souple transparente enfermait encore ses émanations nocives.
Sur la couverture une indication: « ce jeu est destiné à un public averti et à des lecteurs mentalement stables. »
Pour ne pas montrer le trouble que m'inspirait cet ouvrage, je fis mine de m'en gausser mais même à moi ces gestes et ces mots parurent faux.
Alors je saisis prestement l'objet, dans le même geste je payais le gérant aux anges.
Je rangeais l'objet dans un sac et partie avec mon ami pour nous rentre à la soirée d'anniversaire.
La joie de retrouvaille entre amis avait permis à mon esprit de ne pas se fixer sur l'objet.
Et la soirée se déroula pour le mieux, mais rentrant à l'heure où change les jours, je ne pu me soustraire à son appel.
Mes mains avides déchirèrent l‘enveloppe de plastique, écartant les pans de la couverture de cartons souples, pour découvrir...
Une série de feuillets de papiers glacés, jauni ainsi que quatre feuillets de tailles plus réduites comme des articles.
Les feuillets jaunis eux semblaient être une correspondance.
La perplexité qui m'envahissait était grande.
Je passais quelques temps à les ordonner et plus encore à les comprendre.
Chaque feuillet est une lettre adressé par l'auteur à un de ces amis où il lui narre la perte de sa volonté à cause d'un ouvrage maudit vu dans un rêve et qu‘il doit réécrire.
Un ouvrage, un jeu, une folie, même à la fin nous ne savons pas ce qu'il en est vraiment.
L’ouvrage explique trois livres, trois jeux, trois expériences.
En disant cela je viens de comprendre que t'expliquer ce que j'ai compris entre ces pages ne sera pas chose ardu. En fait DE PROFUNDIS, n'est peut être pas réellement un jeu, que l'on peut expliquer.
Il n'est pas de ces ouvrages que l'on lit en dilettante mais bien un ouvrage, qui vous kidnappe et que vous devez maîtriser, dompter grâce à votre esprit. DE PROFUNDIS, n'est pas un jeu de rôle au sens ou nous l'entendons. Il n'est pas un supplément. Il n'est même pas réellement un contexte ou un système de règle! DE PROFUNDIS est une ambiance et des idées, des conseils et des mises en garde.
Je vais essayer te les narrer.

LE LIVRE PREMIER.
Le livre premier est en fait le premier jeu, le psychodrame.
Le psychodrame, qu'est ce ?
Un rêve éveillé et partagé, entre conscient et inconscient.
Les joueurs doivent se réunirent dans une salle sombre, dans des positions confortables.
Il n'y a pas de maître, tous les joueurs sont égaux, les yeux fermés, partant de rien ils vont essayer de raconter mais aussi de visualiser une histoire.
L'imagination de chacun se nourrissant de ses propres paroles ainsi que de celles de ces camarades.
Je te sens sceptique, rappel toi nos parties de « Il était une fois ».
Et bien imagine toi que nous essayons de faire une histoire avec uniquement nos imaginations, rebondissant aux paroles de nos amis qui décrivent se qu'ils ressentent, voient ou entreprennent; décidant eux même de la réussite ou de l'échec de leur entreprise.
Je sais cela semble impossible, mais ce que j'ai lu dans ces feuillets me fait penser que cela est possible.
De même l'auteur y promet que les émotions qui résultent de ces courtes séances (pas plus d'une heure) sont cent fois plus intenses que celles ressentit pendant une partie classique.
Je dois avouer que tu connais mes goûts et je suis très curieux de voir ce que cela peut donner.
Je pense que le plus important est la motivation et l'imagination, nos amis devraient pouvoir nous aider à réaliser quelques tests.
Le Psychodrame est bien sur par essence souvent porter vers l'horreur, et interdit les interactions avec des personnages non joueurs pouvant s'exprimer.

LE DEUXIEME LIVRE
Le deuxième livre est le jeu épistolaire.
Entièrement sur papier, le deuxième livre explique comment former une communauté de correspondants, afin d'échanger leurs aventures contre les créatures du mythe. Deux périodes de jeux possible: années 20, ou tu pourras t'imaginer un personnage. Ou « ici et maintenant », ou tu joueras ton propre rôle. La correspondance doit se concevoir comme un livre, ou plutôt une série de nouvelles. Chacun des correspondants s'intéressant aux aventures de son ami, le mettant en contact avec d'autres personnes, comme des docteurs en archéologie ou d'éminents professeurs, que d'autres joueurs endossent.
Je ne sais si ce type de jeu au long court pouvant duré des années pourrait me plaire, moi qui me lasse si rapidement de tout. Au moins cette longue lettre me permettra une fois finis de mieux le savoir.
Je dois dire pour conclure sur le deuxième livre, que je me suis rendu à l'adresse électronique un rien anachronique imprimé sur la couverture de l'ouvrage. Et de réseau mondial, je n'ai vu que des lieux vides où la poussière emplis chaque signe car en ces lieux bien vieille est la dernière présence humaine.

LE TROISIEME LIVRE
Je ne pense pas pouvoir t'expliquer réellement la troisième forme de DE PROFUNDIS, c'est à n'en pas douter la voie la plus dangereuse. Cette troisième voie est la plus démente des trois.
Si simple et si compliquer à expliquer.
La comparaison que je vais te faire ne dois pas te faire croire à l'innocence de la chose.
Tu as joué comme tout les enfants du monde à « comme si que ...» ou « on dira que... », Et bien il s'agit grossièrement de la même chose.
Ce jeu si on peut l'appeler ainsi, peut se pratiquer seul. Il s'agit de maîtriser sa paranoïa et sa schizophrénie naturelle, pour voir le monde à travers le prisme déformé de DE PROFUNDIS. Mais pas seulement le voir, le ressentir. Un exemple classique en est par exemple l'enfant qui éteint la lumière dans une pièce et cour vers la porte car dans l'ombre des monstres vont le happer.
Le troisième livre, c'est nourrir petit à petit sa folie de petits détails insignifiants pour rendre le quotidien moins terne.
Voir l'univers ténébreux et mystérieux ou les grands anciens tentent de reprendre leur dû.
Dans cette voie comme dans la variante contemporaine de la deuxième voie, les jets de TOC, se font en allant découvrir soit même dans une vraie bibliothèque les détails de la conspiration mondiale. Dans la rue un vagabond à la triste mine vous suit, le réverbère sous lequel vous passez s'éteint, un enfant vous regarde fixement avec les yeux dans le vide ou avec un regard démoniaque, tout peut permettre de s'évader de ce monde et entrer ans celui de DE PROFUNDIS.
Je te conjure de ne pas prendre à la légère mes conseils et mes mises en gardes.
Ainsi je viens de te raconter le contenu de ce maléfique objet, en espérant que ce que j'écris ne soit pas un nouvel artifice pour cette entité inconcevable qu'est en réalité DE PROFUNDIS.
Ceci afin de toucher de nouvelles victimes, toi mon cher ami en l’occurrence
Depuis que j'ai commencé à écrire quoi que je fasse mon regard, retourne inlassablement vers l'immeuble d'en fasse, je suis sur que quelqu'un m'observe! Ils ne peuvent voir l'écran de mon ordinateur, je suis sur qu'ils me surveillent. Dans quelques minutes j'aurais posté cette lettre que je t'adresse, puis j'éteindrais la lumière de la pièce pour à mon tour les observer. Je dois comprendre pourquoi, oui je dois comprendre ce qu‘est DE PROFUNDIS!
Prend garde à toi mon ami, reste du côté tranquille de la réalité, aussi mince soit le voile
Ton ami Soshi.h